Rajasthan
Le Rajasthan, pays des Seigneurs, représente l’Inde dans ses aspects les plus insolites et les plus pittoresques avec ses forteresses encore marquées de l’empreinte des batailles, ses palais d’une splendeur à couper le souffle, ses couleurs vives, sa fierté et son romantique sens de l’honneur.
Plus que tout autre Etat indien, le Rajasthan évoque de vieilles images de l’Orient exotique, défiant l’imagination la plus fertile. Les forts et les palais de contes de fées sont autant de joyaux qui parent le paysage. Ils témoignent de la vie opulente des rajahs qui ont gouverné le pays pendant des siècles.

A l’opposé, une tradition populaire très active s’exprime par des explosions de couleurs, des cérémonies exubérantes, une musique envoûtante et un réel goût pour la beauté, d’autant plus surprenant que ce peuple, confronté de plus en plus à de longues périodes de sécheresse, lutte chaque jour pour sa survie.
Géographie du Rajasthan
Superficie : 342,239 km2 ( Suisse : 4l,293 km2 )
Population estimée en 2000 : 5l,5 millions d’habitants.
Capitale : Jaipur avec environ 2,5 millions d’habitants.
Principales langues : hindi, rajasthani
L’état se divise, selon une ligne diagonale, en une région de montagnes accidentées au Sud-Est et un désert aride au Nord-Ouest, le désert de Thar qui s'étend jusqu’au Pakistan.
Sa population clairsemée est surtout composée de paysans semi-nomades. Plus à l’est, les sables sont arrêtés par les contreforts des Aravalli, le plus ancien massif de l’Inde, qui abrite vallées, rivières et lacs paisibles qui sont de plus en plus asséchés.
L'état du Rajasthan fut définitivement fondé le 1er novembre 1956. Dès lors, des progrès considérables ont été réalisés dans l’industrie, l’approvisionnement en eau, l'éducation et l’irrigation. Le canal Indira Gandhi amène par exemple l’eau de l’Himalaya au cœur du désert. De grandes parties en sont déjà cultivées, mais bon nombre de territoires sont encore très en retard.

Jusqu’au V siècle après J.-C., les événements politiques majeurs avaient lieu dans la vallée du Gange. Ce n’est qu’à partir de cette époque que furent fondés des premiers Etats dans la région peu peuplée du Rajasthan. Au cours des siècles, grâce à un code de vie en communauté, et des mariages inter-ethniques, une nouvelle caste se forma, les Rajputs (rajaputra = fils de rois). Entre le X et le XIIe siècle, les Rajputs dominèrent presque tout le nord de l'Inde. Les Rajputs ne se réunirent jamais au sein d'un empire, trop occupés à défendre leurs frontières respectives. Mais ils réussirent à élaborer une culture commune, visible tout particulièrement dans l’architecture de leurs temples, tout comme dans certains de leurs comportements. L’origine des rois était fort diverse ; on trouvait parmi eux des brahmanes issus de villes commerçantes, des membres de tribus, des huns arrivés d’Asie centrale etc.…
Les Rajputs, guerriers organisés en clans ont contrôlé la région pendant un millénaire selon un code d’honneur comparable à celui des chevaliers européens du Moyen Age. Si les alliances temporaires et les mariages de convenance marquaient jadis la vie quotidienne, orgueil et indépendance constituaient des valeurs suprêmes.
Ainsi, les Rajputs se révélèrent incapables de présenter un front uni face à l’agresseur. Ils gaspillèrent leur énergie dans des escarmouches internes qui les affaiblirent jusqu'à devenir des Etats vassaux de l’Empire mongol. Néanmoins, la bravoure et le sens de l’honneur des Rajput demeurent sans rivaux.
Ces guerriers se battaient envers et contre tous et, lorsque l’espoir n'était plus qu’un vain mot, ils déclaraient le jauhar (suicide collectif), conformément au code chevaleresque : obéissant à un rite impitoyable, femmes et enfants s’immolaient sur un gigantesque bûcher funéraire, tandis que les hommes, vêtus de costumes safran, affrontaient l’ennemi jusqu'à la mort. Des centaines de milliers de Rajput perdirent ainsi la vie.
Avec le déclin de l’Empire mongol, les Rajputs retrouvèrent leur indépendance après une série de victoires spectaculaires, mais une nouvelle force entra alors en lice – celle des Britanniques. A l'instar des Mongols, les Britanniques ne s'étaient implantés en Inde que pour la dominer et contrôler son économie. Avec l'expansion des Raj, la plupart des Etats rajput signèrent des alliances avec les Anglais, qui leur permirent de préserver leur autonomie, chacun sous l'autorité d’un maharaja, tout en restant soumis à certaines contraintes politiques et économiques.
Ces alliances signèrent la fin des souverains rajput. Complaisance et prodigalité l'emportèrent bientôt sur l’esprit chevaleresque. Au début du XXe siècle, les maharajas passaient le plus clair de leur temps à voyager à travers le monde, accompagnés d’une armée de concubines et de domestiques. Ils jouaient au polo, aux courses, et occupaient des étages entiers dans les hôtels les plus prestigieux d’Europe et d'Amérique. Si les Anglais acceptaient cet état de fait, l'énorme gaspillage des richesses du Rajputana (le pays des Rajput), se releva préjudiciable du point de vue social et économique. Lorsque l’Inde acquit son indépendance en 1947, l'espérance de vie et le taux d'alphabétisation du Rajasthan figuraient parmi les plus bas du sous-continent. Lors de l'Indépendance, le parti du Congrès, alors au pouvoir, dû conclure un marché avec les états rajput indépendants afin d’obtenir leur adhésion à l’Inde nouvelle. Les chefs furent autorisés à conserver leurs titres et leurs biens et obtinrent la garantie d'un revenu annuel proportionnel à leur statut.
Cette situation privilégiée ne pouvait perdurer : Indira Gandhi y mit un terme au début des années 70 en abolissant titres et revenus et en séquestrant leurs biens. Certains chefs sortirent de l’impasse en transformant leurs palais en hôtels de luxe, mais beaucoup n’ont pas réussi à s’adapter aux exigences économiques de la fin du XXe siècle.
Etant donné que cette partie de l’Inde n’ayant pratiquement pas été modernisée, ils se trouvaient en retard pas rapport aux autres protectorats britanniques. Ces régions à dominance agricole n’apportaient que peu de revenus. Les paysans payaient leurs impôts en nature.
La dispersion géographique de la population rurale a favorisé le développement de foires multiples, basées sur le calendrier lunaire, en des lieux souvent sanctifiés par d’anciens mythes. Ces foires allient la célébration religieuse et le commerce. Dans de nombreuses régions reculées, une population dite tribale s’est formée, dont le mode de vie diffère de celui de la société hindoue. Chasseurs jusqu’au XXe siècle, aujourd’hui cantonniers pour la plupart, ses membres sont à la limite de l’exclusion sociale.